Comment sortir de la dépression ?

Publié le : 23 mars 20237 mins de lecture

On estime qu’environ 40 % de la population européenne, soit 164 millions de personnes, souffrent de troubles psychologiques et/ou psychiatriques. Parmi ces troubles, les plus fréquents sont l’anxiété, l’insomnie et la dépression majeure. Cette dernière est très répandue : le risque pour un individu de développer un épisode dépressif est d’environ 15%, et l’Organisation mondiale de la santé prévoit que d’ici 2030, elle pourrait devenir la maladie chronique la plus répandue.

Symptômes de la dépression

La dépression est une maladie de l’esprit et de l’âme qui déclenche des sentiments de culpabilité, d’inadéquation et d’incapacité à réagir aux stimuli extérieurs : les personnes touchées ne se sentent pas incluses dans le monde, mais l’observent en spectateurs, avec le désir de s’échapper. Elle se caractérise par une altération du fonctionnement personnel et social, associée à des symptômes cognitifs, comportementaux, somatiques et affectifs.

Il existe une multitude de facteurs génétiques, biologiques, environnementaux et caractériels très complexes, auxquels s’ajoutent les situations de stress et les maladies organiques. Les causes socio-environnementales comprennent la propagation de modes de vie malsains, les changements dans la structure familiale et sociale et la perception d’un avenir incertain.

Une caractéristique importante de la dépression est sa récurrence : la probabilité d’une rechute est de 50 à 90% pour un troisième épisode. S’il n’est pas diagnostiqué et traité rapidement, chaque épisode dépressif s’éternise et s’aggrave avec l’apparition d’autres symptômes. C’est pourquoi un traitement est essentiel, non seulement pour guérir l’épisode actuel, mais aussi pour prévenir toute rechute.

Pourquoi la dépression touche-t-elle davantage les femmes ?

Les troubles dépressifs touchent principalement les femmes, 2 à 3 fois plus que les hommes, à toutes les étapes de la vie, avec une tendance à développer la maladie plus tôt et avec des symptômes plus sévères que le sexe masculin.

Outre une composante génétique, également confirmée par les études les plus récentes sur le sujet, parmi les différents facteurs de causalité, le rôle des hormones féminines est reconnu et, de fait, la dépression survient plus fréquemment dans les phases de la vie d’une femme où se produisent d’importants changements hormonaux, comme la puberté, la grossesse et la puerpéralité, le climatère et la ménopause. D’autres facteurs de risque sont liés au multitâche féminin, aux changements dans la structure familiale et à la crise économique, qui contribuent à déterminer une situation d’instabilité, source d’un fort stress psychophysique.

Est-il possible de prévenir la dépression ?

De nombreux facteurs contribuent à l’apparition de la dépression, y compris une prédisposition individuelle, et il n’est souvent pas possible d’identifier une cause spécifique. Dans tous les cas, l’adoption de modes de vie « sains », en particulier une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et une bonne hygiène de sommeil, contribue à maintenir un « bon » équilibre psycho-physique, rendant le sujet moins vulnérable à la dépression. En matière de protection, les relations familiales et sociales jouent également un rôle important.

Comment s’en sortir ?

Seul un tiers des patients souffrant de dépression suivent un traitement. La stigmatisation de la maladie, les préjugés sur la possibilité d’un traitement, la peur des effets secondaires sont parmi les principaux obstacles à l’accès au traitement.

La dépression peut être guérie et, lorsque cela n’est pas possible, la maladie peut être traitée de manière à offrir au patient une qualité de vie acceptable.

Les interventions thérapeutiques sont essentiellement de deux types : biologiques (notamment pharmacologiques) et non biologiques (psychothérapie accompagnée par un psychiatre). Le choix de la stratégie thérapeutique dépend de la sévérité et des caractéristiques du trouble, ainsi que de l’histoire clinique du patient, et ne peut donc faire abstraction d’une évaluation spécialisée précise et personnalisée.

Les approches psychothérapeutiques sont indiquées dans les formes légères et modérées, notamment dans les formes dites réactives ou situationnelles, c’est-à-dire déclenchées par des événements spécifiques limités dans le temps tels que le stress, le deuil, les conflits personnels et relationnels. Dans les formes graves, en revanche, le traitement pharmacologique reste l’approche de base, même s’ils bénéficient d’un soutien psychologique. Dans tous les cas, la psychothérapie ne doit pas être considérée comme une alternative à la pharmacothérapie.

Un aspect important à considérer, souvent sous-estimé par les patients mais aussi par les médecins eux-mêmes, est la comorbidité de la dépression, c’est-à-dire son association avec d’autres pathologies chroniques, même celles qui ne sont pas liées à la sphère psychologique. En effet, la dépression augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de diabète, de pathologies oncologiques, pneumologiques et neurologiques, car – étant caractérisée par une faible propension à se prendre en charge – elle prédispose à des comportements incorrects et à des habitudes quotidiennes malsaines.

De nombreuses études scientifiques ont mis en évidence l’influence de la dépression en particulier sur le système cardiovasculaire féminin, la reconnaissant comme un facteur de risque de maladie cardiovasculaire dont l’impact clinique est encore plus important que les facteurs « traditionnels » tels que le tabagisme, l’hypertension artérielle, l’obésité et le diabète.

Et si d’une part la dépression prédispose aux maladies chroniques, d’autre part les personnes qui souffrent de ces maladies sont plus exposées au risque de développer une dépression. Un risque qui, dans la plupart des cas, est interprété comme un événement inévitable, un effet secondaire de la maladie de base, donc négligé et non pris en compte dans le parcours de traitement.

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