Symboles et archétypes : que sont-ils et quelle valeur ont-ils en psychologie ?

Publié le : 23 mars 20237 mins de lecture

En abordant le sujet du symbolisme astrologique, il convient d’illustrer, même brièvement, la signification de l’archétype et du symbole dans le contexte de la psychologie humaine, afin de comprendre comment ils sont dynamiques et fonctionnent dans la formulation de la réalité psychique.

L’âme, omniprésente dans l’homme, crée sans cesse des symboles afin de pouvoir exprimer des contenus intérieurs qui, autrement, ne trouveraient guère l’occasion d’émerger, restant au contraire confinés dans le silence et l’obscurité tant il en résulte parfois de complexité et de mystère. Avec raison, on comprend que la vie, dans son sens le plus intime et le plus profond, ne pourrait être exprimée et vécue dans sa profondeur la plus intime si, les symboles et les archétypes ne venaient pas à votre secours.

Le symbole : un pont entre le microcosme et le macrocosme

Le symbole, donc, on pourrait presque le définir comme l’image qu’on fait d’un contenu intérieur qui transcende la conscience. Dans le cas astrologique, le symbole, contenu dans la roue zodiacale et dans les entités planétaires, devient un point de rencontre, une fusion intime entre le monde psychique et spirituel de l’homme (microcosme) et l’univers des étoiles dans le ciel (macrocosme). Ce que l’homme vit, ressent et sent en lui-même, il le dépeint à l’image d’un symbole astral et le projette, en le bouleversant, dans la géométrie des constellations et dans les valeurs « ontologiques » des planètes, leur attribuant des lois, des règles et des fonctions. A titre d’exemple, la foudre dans l’Antiquité : à l’époque, elle était perçue comme l’équivalent de la volonté ou de la colère divine ; dans ce cas, la force, la loi supérieure implicite dans la conscience humaine, était littéralement projetée, en utilisant la catégorie psychologique, dans le ciel, en dehors de la conscience, et de nouveau reçue comme l’expression de la volonté divine.

Le roman de la science

La dualité symbolique qui interagit entre le macro et le microcosme est, en fin de compte, toujours une opération humaine, donc totalement pertinente et appartenant à la réalité du psychisme humain : c’est l’homme, seulement lui, qui crée les symboles… seulement lui qui les fait vivre et leur donne une valeur, une histoire, un sens au niveau subjectif de l’imaginaire. Un rameau d’olivier, aussi délicat, mince et minuscule soit-il, ne portera jamais en lui-même le pouvoir de donner la paix et l’harmonie : cependant, s’il est placé dans la main d’un homme, il peut immédiatement évoquer des sentiments de fraternité et de sacralité. Le symbole agit, et on peut le voir maintenant avec une facilité éclatante, au-delà de l’histoire, se décontextualisant d’elle dans l’absolutisme de ses significations méta-sémantiques. Ceci est également vrai pour les étoiles et pour tout le contexte de la dialectique astrologique, car ce ne sont pas elles [les étoiles] qui possèdent un pouvoir direct et immédiat, mais ce pouvoir est déclenché et libéré par les « attributions symboliques » que l’homme donne aux entités « interlocutrices » [étoiles et constellations].

Le symbolisme en psychologie

Pour Freud, le symbole exprime une sorte de relation reliant le contenu manifeste d’un comportement à son sens latent et moins perceptible : la psychanalyse, en effet, fonde une grande partie de sa liturgie doctrinale sur cet aspect conceptuel spécifique.

L’étude des symboles par Jung est beaucoup plus large et profonde que la matrice psychanalytique freudienne, donnant au symbole un éventail de fonctions beaucoup plus suggestif. Pour Jung, le symbole est un phénomène numineux, énergétique, rayonnant, capable d’influencer « gravitationnellement » la psyché consciente. En termes physiques, une sorte de trou noir à gravité infinie qui influence la matière visible, conditionnant son comportement par l’introduction continue de matière informée, une sorte d’éruption dans le sens inverse.

Astrologie archétypale

Le symbole révèle certains aspects de la réalité, les plus profonds qui défient tout autre moyen de connaissance. Les images et les symboles ne sont pas des créations irresponsables de la psyché : ils répondent à une nécessité et remplissent une fonction, celle de mettre à nu les modes d’être les plus secrets. On peut les déguiser, les mutiler ou les dégrader, mais il ne sera jamais possible de les déraciner ; dans le subconscient de l’homme moderne survit une mythologie toujours plus grande qui ne disparaît jamais de l’actualité psychique. Les symboles et les mythes peuvent changer d’apparence mais leur fonction reste et restera toujours la même : il s’agit seulement d’enlever les nouveaux masques. Or, si dans la psychologie moderne le symbolisme est devenu soudainement un problème essentiel dans la connaissance du psychisme humain, ce symbolisme a toujours été la base de l’Astrologie » (extrait de Dalla psicanalisi all’Astrologia, 1972, p. 96).

Dans le prolongement de ce que Barbault disait subtilement et efficacement, on peut affirmer que la lecture, consécutive à l’élaboration, du thème horoscopique n’agit en profondeur qu’à travers le temps et seulement après des interprétations et des élaborations répétées de ses symboles, de manière à susciter une expérience émotionnelle inconsciente profonde et à accrocher les formations archétypales.

Dans chaque horoscope se cachent des possibilités, des talents en puissance, prêts à être activés et exercés : de la même façon que l’homme, en se regardant dans le miroir, voit son propre visage sur une feuille de verre, l’horoscope permet au sujet de se lire et de se définir dans l’acte de réflexion produit par la contemplation de la lecture de son symbolisme.

En restant fidèle à la célèbre admonition apollinienne « homme, connais-toi toi-même » et en acceptant comme vraies les hypothèses finalistes, on peut aujourd’hui affirmer sans crainte de contradiction que l’horoscope apporte une valeur ajoutée et une pertinence à l’ensemble des approches visant à la connaissance de l’homme.

La métaphore du spéculum-horoscope trouve un fondement et une crédibilité : à chacun d’avoir le bon sens et la sagesse de ne pas tomber, narcissiquement, dans le miroir d’eau.

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